SIAL Paris vient de rendre publiques trois études sous l'appellation SIAL Insights qui décortique et observe les tendances de la consommation alimentaire. Les trois études ont été menées par les experts partenaires du SIAL - Kantar, ProtéinesXTC et NPD. Chacun a analysé un domaine particulier : Kantar s'est penché sur les attentes des consommateurs, ProtéinesXTC sur l'innovation alimentaire et NPD Group sur la restauration hors domicile.
Cette analyse très fine de l'état de la consommation alimentaire se base sur plusieurs pays européens mais également Israël, le Moyen-Orient, les Etats-Unis, le Brésil, la Chine et l'Asie du Sud Est. En Europe, SIAL Insights a étudié les comportements des consommateurs essentiellement en France, Allemagne, Espagne, Italie et Royaume-Uni.

Si l'on résume en une seule phrase l'évolution des habitudes de consommation, un élément se dégage -et il est très important- pour la gastronomie et l'épicerie fine : le plaisir. Celui-ci reste au coeur de l'acte alimentaire, selon les trois experts. Les tendances de fond repérées par les SIAL Insights ? Le besoin d'une alimentation si possible non transformée, naturelle et donc qui fait du bien. 7 consommateurs sur 10 sont ainsi à la recherche de produits sains, sans additifs. L’attention aux ingrédients et à la composition demeure forte, avec des attentes de simplicité et de naturalité.
Si on mange mieux pour aller mieux, mais 7 consommateurs sur 10 considèrent toujours que l’alimentation peut représenter un risque pour la santé.
2/3 des personnes indiquent également que leurs choix alimentaires reflètent aussi le monde dans lequel ils souhaitent vivre. La dimension éthique devient ainsi essentielle dans la sélection des produits. Bien choisir son alimentation est ainsi perçu comme un choix sociétal. Cela inclut aussi un état d’esprit favorable à une alimentation « raisonnable », à la fois en termes de bénéfice santé et d’impact environnemental.

Le plaisir, y compris coupable !
Cette prise de conscience ne se fait heureusement pas au détriment du plaisir. Bien au contraire, l’alimentation est source de réconfort dans cette période difficile, de crise économique et politique latente.
Se faire plaisir en mangeant est même devenu un peu plus nécessaire. Selon SIAL Insights, 3 à 5 consommateurs sur 10 en Europe et jusqu’à 6-7 sur 10 en Asie ont déclaré s’être davantage fait plaisir pendant et depuis la pandémie avec des produits gourmands et réconfortants – peut-être un peu trop gras, sucrés ou salés…
Les prix, facteurs déstabilisants
Le prix devient cependant un frein majeur à la consommation des bons produits -notamment avec les fortes tendances inflationnistes des derniers mois. 14% des personnes interrogées indiquent n'être pas prêts à payer plus. Ce qui représente une hausse de deux points par rapport à l'avant pandémie.
L'impact prix est d'ailleurs visible sur l'alimentation bio. Si elle avait suscité un certain engouement en 2020, elle perd désormais de sa popularité, notamment en France et en Espagne. A la question «Dès que j'en ai l'occasion, je consomme des produits alimentaires issus de l'agriculture biologique», le pourcentage des consommateurs ayant répondu positivement est passé de 61% à 57% dans le monde.
Enfin, une autre tendance rassurera le secteur de l'épicerie fine. Les consommateurs plébiscitent la cuisine à la maison : 56% d'entre eux avouent être retournés aux fourneaux et redécouvrir les joies et bienfaits du « faire maison ». La possibilité d’une optimisation budgétaire par le fait de cuisiner à la maison est certainement une motivation qui devrait influencer les habitudes de consommation dans les prochains mois. Des tendances qui devraient se confirmer sur la prochaine édition de Gourmet Selection.
