Le Document Unique d’Évaluation des Risques Professionnels, plus connu sous l’acronyme DUERP, concerne toutes les épiceries dès qu’elles emploient un salarié.

Le Document Unique d’Évaluation des Risques Professionnels, plus connu sous l’acronyme DUERP, concerne toutes les épiceries dès qu’elles emploient un salarié. Au-delà de l’exigence réglementaire, ce document est aussi la clé d’accès à certaines subventions et aides financières, notamment celles proposées par la CARSAT. Ne pas l’établir, c’est donc s’exposer à des sanctions, mais aussi se priver d’un soutien précieux pour financer des investissements en prévention.

Dans une épicerie de proximité, les risques sont bien concrets. Le port de cartons lourds et les postures prolongées à la caisse favorisent l’apparition de troubles musculosquelettiques. Les produits d’entretien et les chambres froides exposent à des risques chimiques et thermiques. Les sols peuvent être glissants, les couteaux et trancheuses provoquer des coupures, les rôtissoires des brûlures, tandis que l’électricité ou l’incendie représentent toujours une menace. Le DUERP permet de recenser ces risques, de les évaluer et de prévoir des mesures de prévention adaptées.

Ce document doit être rédigé, daté et régulièrement mis à jour. Pour une petite épicerie, il s’agit surtout de l’actualiser à chaque changement important de l’organisation ou des équipements, ou lorsqu’un nouvel élément de risque apparaît. Pour les structures de plus de 11 salariés, la loi impose en plus une révision annuelle obligatoire. Dans tous les cas, le DUERP doit être accessible aux salariés, au médecin du travail, à l’inspection du travail et à la CARSAT. À chaque mise à jour, il est transmis au service de prévention et de santé au travail auquel l’épicerie adhère. Les différentes versions doivent être conservées pendant quarante ans.

L’absence de DUERP expose l’épicier employeur à de lourdes sanctions. Pour une personne physique, l’amende peut aller jusqu’à 1 500 €, portée à 3 000 € en cas de récidive. Pour une personne morale, elle peut atteindre 7 500 €, et jusqu’à 15 000 € en cas de récidive. En cas d’accident du travail, la responsabilité civile et pénale du dirigeant peut également être engagée.

Pour accompagner les épiciers dans cette démarche, la Fédération des Épiciers de France propose désormais une formation spécifique. Elle guide pas à pas les commerçants dans la rédaction de leur DUERP afin de leur permettre de répondre à leurs obligations en toute sérénité.

Un salarié, un DUERP. Pour toutes les épiceries, ce n’est pas un détail mais une obligation et un outil concret de prévention, indispensable à la protection des salariés, à la sécurité des commerces et à l’accès aux aides financières qui soutiennent leur développement.