Qu'est-ce qui pousse un acheteur à s'arrêter sur un stand ? Trois professionnels rencontrés à Gourmet Selection ont répondu à cette question. Clémence Le Tannou achète pour La Grande Épicerie de Paris. Corinne Békaert compose des colis gastronomiques pour les entreprises et les collectivités. Valérie et Fabien tiennent une épicerie dans le 11e arrondissement de Paris. Leurs réponses donnent des repères concrets aux marques qui envisagent d'exposer en 2027.
La Grande Épicerie de Paris, un sourcing tout au long de l'année
Clémence Le Tannou est responsable des achats à La Grande Épicerie de Paris, qui compte deux magasins parisiens, rue de Sèvres et rue de Passy. Elle s'occupe du référencement de tous les produits en libre-service, c'est-à-dire les produits emballés, avec un code-barres, qui passent en caisse.
Elle connaît bien le salon. « Avec l'équipe, on le fait chaque année généralement », explique-t-elle. Elle apprécie son format : « C'est un salon qui a relativement une taille humaine sur les produits d'épicerie fine, donc c'est intéressant pour nous pour la partie sourcing. »
Sa visite a un objectif principal : découvrir des produits que l'équipe ne connaît pas encore. C'est aussi l'occasion de saluer les fournisseurs habituels. « Ce qu'on va rechercher principalement, c'est tout ce qui est à très haute tendance de demain », précise-t-elle.
Bien-être, sans-alcool et gourmandise
Ses choix partent des attentes des clients. « Il va y avoir toute cette partie un peu bien-être, ou faire attention à sa santé tout en consommant de façon un peu responsable », résume-t-elle. Elle cite les alternatives saines, les produits alternatifs à la viande et le sans-alcool. La Grande Épicerie de Paris propose déjà une sélection de boissons sans alcool dans son offre en ligne. Mais la recherche de nouveautés ne s'arrête pas là. L'acheteuse veut aussi « s'ouvrir à de nouvelles choses », à condition de rester « dans le côté gourmand et bon ».
Pour le magasin, Noël reste le grand temps fort de l'année, avec une fréquentation beaucoup plus forte. En juin, l'équipe sélectionne déjà l'offre de Noël, même si ce travail ne se fait pas forcément au salon. Pour le reste, le sourcing ne s'arrête jamais. « Tout au long de l'année, en fait, on fait du sourcing et ça alimente de nouvelles choses. Donc en fait, on fait des salons un peu tout le temps. » L'été, le magasin accueille aussi davantage de touristes, en plus de sa clientèle locale.
Trois critères pour retenir l'attention
Clémence Le Tannou résume ses attentes en trois mots. Les produits doivent être « d'abord beaux, parce que c'est la première chose qu'on voit quand on les découvre ». Ils doivent ensuite être bons. Enfin, ils doivent être bien faits, avec une attention particulière aux producteurs et à la production locale.
Sur un salon, le premier critère fait le tri. « De prime abord, quand on arrive sur un salon, ça va d'abord être le visuel qui va nous permettre de nous rendre compte si ça peut nous intéresser ou pas, forcément. »

Epicur, des colis gastronomiques pour les entreprises
Corinne Békaert est gérante d'Epicur, une entreprise des Hauts-de-France spécialisée dans les colis gastronomiques pour les comités sociaux et économiques (CSE) et les collectivités. Depuis 2006, la société compose des colis et paniers garnis à partir de plus de 600 références, présentées dans un showroom situé à moins de 30 minutes de Lille.
« Je viens tous les ans », précise-t-elle. Sa visite a deux objectifs. Le premier est de suivre ses fournisseurs : « Voir certains fournisseurs que l'on a, voir leur gamme, s'ils vont avoir de nouveaux produits à nous proposer. » Le second est de repérer les tendances qu'elle intégrera à son offre de 2027. Après ses deux premières heures dans les allées, elle décrivait un salon « qualitatif », avec « une belle diversité ».
Ses deux clientèles n'ont pas les mêmes attentes. « En collectivité, ça va rester quand même très classique. » Les CSE, eux, se comportent davantage comme les clients d'une épicerie de qualité. « Ils vont rechercher toujours un produit avec une originalité, un beau packaging. » Elle résume sa ligne de conduite en une phrase : « On attire par la forme, on retient par le fond. »
Huguette & Henri, une épicerie de proximité qui évolue avec ses clients
Valérie et Fabien ont créé Huguette & Henri il y a cinq ans, au 40 rue Sedaine, dans le 11e arrondissement de Paris. Avant d'ouvrir leur boutique, ils ont travaillé pour plusieurs maisons de la gastronomie parisienne, dont Hédiard et Lenôtre.
Leur visite au salon dépend des besoins du moment. « On a des besoins différents chaque année. Cette année, il est plus spécifique. » L'épicerie est spécialisée dans les paniers garnis pour entreprises, avec une forte demande en fin d'année. Il fallait donc sélectionner les produits qui manquaient. Leur méthode est simple : saluer les producteurs qu'ils connaissent, déguster les nouveautés, puis chercher de nouveaux fournisseurs. Ils ont trouvé ce qu'ils cherchaient, notamment en biscuiterie, avec des biscuits qui pourront entrer dans les paniers garnis de fin d'année.
Un assortiment qui suit la demande
L'offre de la boutique a changé depuis l'ouverture. « Nos produits ont évolué en fonction des demandes des clients. On n'a plus l'assortiment du départ », expliquent-ils. Les clients cherchent notamment des épices plus originales et plus exotiques. L'épicerie propose aujourd'hui des épices pour préparer le kimchi, qu'elle n'aurait pas eues il y a quelques années.
La boutique attire aussi une clientèle jeune. Huguette & Henri est dépôt-relais pour des articles Vinted : les clients qui viennent chercher un sac découvrent l'épicerie, puis reviennent faire leurs achats. L'épicerie organise aussi très régulièrement des événements en boutique, comme des ateliers de dégustation de vin, de fromage et de charcuterie, ou des vernissages d'artistes.
Parmi leurs priorités, les deux fondateurs affichent la volonté de « sublimer le bon par le beau en dénichant des jolis packagings ». Cinq ans après l'ouverture, ils restent lucides sur leur métier. « L'épicerie fine, c'est un métier de passion, pas forcément facile. Mais il faut tenir, il faut persévérer et ça marche. »
Ce que ces acheteurs attendent des exposants
Ces trois acheteurs ne travaillent pas pour la même clientèle. Leurs propos se recoupent pourtant sur plusieurs points.
Le visuel ouvre la porte. Clémence Le Tannou cherche des produits beaux, bons et bien faits. Corinne Békaert est attirée par la forme et retenue par le fond. Huguette & Henri veut sublimer le bon par le beau. Dans les trois cas, le packaging déclenche l'intérêt, et la qualité décide de la suite. L'Instantané des Tendances va dans le même sens : ses dix signaux de l'épicerie de qualité en 2026 vont de la production locale aux inspirations globales, jusqu'à l'appel aux sens en boutique.
Les nouveautés sont au cœur de la visite. Les trois acheteurs viennent voir leurs fournisseurs habituels, mais surtout découvrir des produits qu'ils ne connaissent pas encore. Bien-être, sans-alcool, épices venues d'ailleurs, originalité : chacun arrive avec des pistes précises.
La fin d'année se prépare dès le printemps. En juin, Epicur prépare déjà son offre de l'année suivante, et Huguette & Henri complète ses paniers garnis de fin d'année. À La Grande Épicerie de Paris, l'offre de Noël est en cours de sélection au même moment.
Prochain rendez-vous en juin 2027
Gourmet Selection revient le dimanche 13 et le lundi 14 juin 2027 à Paris Expo Porte de Versailles. Pour les marques qui veulent présenter leurs produits à des acheteurs comme La Grande Épicerie de Paris, Epicur ou Huguette & Henri, le dossier de participation à l'édition 2027 est ouvert, et les bonnes raisons d'exposer sont détaillées dans la newsroom.
Corinne Békaert, elle, a déjà donné sa réponse à la fin de l'entretien : « À l'année prochaine. »
