Dans le quotidien chargé d'un commerce alimentaire de proximité, les obligations en matière de ressources humaines ne bénéficient pas toujours de la même visibilité que les contraintes commerciales ou sanitaires. L'entretien de parcours professionnel (EPP) en est un exemple caractéristique : prévu par l'article L.6315-1 du Code du travail, il s'impose à toutes les entreprises sans distinction de taille, y compris aux épiceries de moins de dix salariés. Souvent méconnu, parfois confondu avec l'entretien annuel d'évaluation, il répond pourtant à des règles précises, assorties de conséquences juridiques réelles en cas de manquement. La Fédération des Épiciers de France en détaille ici le cadre complet.
L'entretien de parcours professionnel (EPP) est un rendez-vous obligatoire entre l'employeur et le salarié, prévu par le Code du travail. Il est consacré à l'avenir du salarié dans l'entreprise : évolution du poste, développement des compétences, projets professionnels. Cet entretien répond à des obligations spécifiques et ne doit pas être confondu avec d'autres échanges internes.
Une obligation pour toutes les épiceries

Cette obligation concerne toutes les entreprises, y compris les épiceries de petite taille. Aucune exception n'est prévue en fonction de l'effectif.
Un cadre juridique précis
L'entretien de parcours professionnel est encadré par l'article L.6315-1 du Code du travail. Chaque salarié doit bénéficier :
- d'un entretien dans l'année suivant son embauche
- puis d'un entretien tous les 4 ans
Le salarié doit être informé de l'existence de cet entretien dès son embauche, et celui-ci doit se dérouler sur le temps de travail. Tous les salariés sont concernés, quelle que soit la nature de leur contrat (CDI, CDD, apprentissage) ou leur temps de travail.

Un contenu obligatoire
L'entretien de parcours professionnel (EPP) est consacré :
- aux compétences du salarié et aux qualifications mobilisées dans son emploi actuel, ainsi qu'à leur évolution possible
- à la situation et au parcours professionnel du salarié
- aux besoins de formation du salarié, qu'ils soient liés à son activité actuelle, à l'évolution de son emploi ou à un projet personnel
- aux souhaits d'évolution professionnelle du salarié
L'entretien peut ainsi déboucher sur une reconversion (interne ou externe), un projet de transition professionnelle, un bilan de compétences ou une validation des acquis de l'expérience. L'employeur doit également aborder :
- le compte personnel de formation (CPF), notamment son activation et les possibilités d'abondement
- le conseil en évolution professionnelle (CEP)
À noter que les conclusions de ces entretiens peuvent être prises en compte dans l'élaboration du plan de développement des compétences de l'entreprise.
Un suivi dans la durée
Tous les 8 ans, un état des lieux récapitulatif du parcours professionnel du salarié doit être réalisé. Cet entretien permet de vérifier que le salarié a :
- bénéficié des entretiens prévus
- suivi au moins une formation
- connu une évolution professionnelle ou salariale
Des situations spécifiques à prévoir
L'entretien doit également être proposé dans certaines situations :
- au retour de certaines absences (maternité, congé parental, arrêt longue maladie…)
- en milieu de carrière
- en fin de carrière
Il est à noter que cet entretien n'est obligatoire au retour d'une absence que si le salarié n'en a pas bénéficié dans les 12 mois précédant sa reprise.
Une obligation à sécuriser
Si la sanction financière automatique (abondement du CPF) ne concerne que les entreprises de 50 salariés et plus, l'entretien de parcours professionnel reste une obligation légale. Dans les entreprises de moins de 50 salariés, l'absence de mise en œuvre peut également entraîner des conséquences en cas de contentieux, notamment sous forme de dommages et intérêts.
Une formalisation indispensable
Chaque entretien doit faire l'objet d'un document écrit, dont une copie est remise au salarié. Ce document permet de formaliser les échanges et de suivre les actions envisagées.
Un accompagnement possible
Le salarié peut bénéficier d'un accompagnement gratuit via le conseil en évolution professionnelle (CEP). De son côté, l'employeur peut être accompagné par son opérateur de compétences (OPCO) pour la mise en œuvre de ces entretiens. La Fédération des Épiciers de France met également à disposition de ses adhérents des modèles de documents et des outils pratiques pour faciliter leur mise en œuvre.
L'entretien de parcours professionnel n'est pas une formalité administrative de plus : c'est un outil concret de gestion des ressources humaines qui, bien conduit, sert autant l'employeur que le salarié. Il structure le dialogue professionnel, anticipe les besoins en formation et sécurise l'entreprise en cas de contentieux. Pour les épiciers qui souhaitent se mettre en conformité ou actualiser leurs pratiques, la Fédération des Épiciers de France met à disposition des modèles de documents et un accompagnement adapté à la réalité des commerces de proximité.
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