Les fortes chaleurs s'installent chaque été un peu plus durablement dans le quotidien des commerces alimentaires de proximité, et l'épicerie n'y échappe pas. Entre la réserve, la surface de vente, les livraisons et parfois un service en terrasse, les températures élevées pèsent autant sur le confort des équipes que sur l'organisation du travail.
Publié le 16 juillet 2026 à 8:58 | Modifié le 20 juillet 2026 à 8:05

Ce qui relevait hier du bon sens devient aujourd'hui une obligation encadrée. Depuis l'entrée en vigueur du décret canicule au 1er juillet 2025, la prévention des risques liés à la chaleur fait partie des responsabilités de l'employeur, y compris dans les plus petites structures. Avec la Fédération des Épiciers de France, Gourmet Selection consacre ce nouveau « Détail qui Compte » aux points juridiques et pratiques que tout épicier employeur a intérêt à anticiper.

Avec les épisodes de fortes chaleurs qui se répètent, la question ne relève plus seulement du confort au travail. Elle entre pleinement dans les obligations de prévention de l'employeur.

Le décret n° 2025-482 du 27 mai 2025 relatif à la protection des travailleurs contre les risques liés à la chaleur renforce cette obligation : l'employeur doit évaluer les risques liés aux épisodes de chaleur intense, en intérieur comme en extérieur, et prévoir des mesures adaptées lorsque la santé ou la sécurité des salariés peut être menacée.

Une personne remplit un verre d’eau à un distributeur installé dans la réserve d’un commerce.

Dans une épicerie, cela concerne des situations très concrètes : travail en réserve, livraisons, manutention, préparation, service en terrasse, vente en extérieur ou encore présence prolongée en surface de vente lorsque les locaux deviennent difficiles à rafraîchir.

Il n'existe pas de température maximale à partir de laquelle le travail serait automatiquement interdit. Mais l'INRS rappelle que la chaleur peut constituer un risque à partir de repères comme 30 °C pour une activité sédentaire et 28 °C pour un travail nécessitant une activité physique. Ces seuils ne sont pas des interdictions automatiques, mais des signaux d'alerte pour agir.

En pratique, l'employeur doit donc anticiper : permettre l'accès régulier à de l'eau fraîche, adapter les horaires ou certaines tâches, organiser des pauses dans un endroit plus frais, limiter les efforts physiques aux heures les plus chaudes, ventiler les locaux, protéger les zones exposées au soleil et informer les salariés sur les signes d'alerte en cas de malaise.

Une attention particulière doit aussi être portée aux salariés plus vulnérables, notamment en raison de leur âge, de leur état de santé ou de conditions de travail plus exposées.

Le détail qui compte : un salarié peut exercer son droit de retrait s'il estime être confronté à un danger grave et imminent. Mais la chaleur, à elle seule, ne suffit pas automatiquement. Tout dépend des conditions réelles de travail et des mesures mises en place par l'employeur.

Autre point pratique : en période de forte chaleur, une tenue plus légère peut être tolérée, mais l'employeur peut toujours fixer des règles liées à l'hygiène, à la sécurité ou à l'image du commerce, notamment pour les salariés en contact avec la clientèle.

Anticiper reste donc la meilleure protection : quelques consignes claires, un point d'eau accessible, des pauses organisées et une vigilance partagée peuvent éviter bien des difficultés.

La gestion des fortes chaleurs dépasse la seule contrainte saisonnière. Elle rejoint une réflexion plus large sur le métier d'épicier employeur, sur sa responsabilité envers ses équipes et sur sa capacité à faire tourner sa boutique dans des conditions qui se durcissent d'un été à l'autre. À mesure que les épisodes de canicule se répètent, anticiper ces situations devient une compétence de gestion à part entière, au même titre que la maîtrise de l'hygiène ou des marges.

C'est aussi l'esprit de Gourmet Selection, qui prolonge cette conversation dans ses allées. Les 13 et 14 juin 2027 à Paris Expo Porte de Versailles, l'Agora des Experts donnera la parole aux détaillants, producteurs et spécialistes venus partager des solutions concrètes pour faire vivre l'épicerie de qualité, du développement du chiffre d'affaires à la maîtrise des obligations professionnelles. Deux journées pour sourcer, s'informer et préparer la saison.

Deux intervenants prennent la parole sur la scène de Gourmet Selection devant un public professionnel.