On n’y vient pas seulement pour faire ses courses : l’épicerie est aussi un lieu où l’on prend des nouvelles, où l’on discute, où l’on retrouve ses voisins. À l’occasion de la première Semaine des liens, du 23 au 29 novembre 2026, la Fédération des Épiciers de France consacre ce Détail qui Compte au rôle social des commerces de proximité, avec Arnaud Goulliart, délégué général de la Fédération française pour les liens sociaux.
Publié le 21 octobre 2026 à 8:00 | Modifié le 26 octobre 2026 à 9:34

Après la traçabilité, la TVA ou la gestion d’une canicule, ce nouveau Détail qui Compte s’intéresse à une dimension du métier qu’aucun texte réglementaire ne décrit. Chaque jour, l’épicier accueille, renseigne, prend des nouvelles et crée des habitudes. Cette part du travail, souvent naturelle, contribue directement à la vie des quartiers et des villages.

Pour la Fédération des Épiciers de France, la première Semaine des liens est l’occasion de la rendre visible. Arnaud Goulliart, cofondateur et délégué général de la Fédération française pour les liens sociaux, explique pourquoi les commerces de proximité occupent une place à part dans la création de liens.

Après un mois d’octobre placé sous le signe de la solidarité avec Octobre Rose, novembre offrira aux épiceries une nouvelle occasion de valoriser leur rôle dans la vie collective. Du 23 au 29 novembre 2026, la Fédération française pour les liens sociaux organise la première Semaine des liens, qui invitera chacun à « Faire le premier pas ».

Une initiative qui rappelle combien nos commerces de proximité sont essentiels à la qualité des relations humaines dans nos centres-villes, nos quartiers et nos villages.

Le mois d’octobre est désormais indissociable d’Octobre Rose, cette mobilisation nationale consacrée à la sensibilisation au cancer du sein. Cette année encore, des épiceries se sont engagées à travers d’actions concrètes au profit d’associations. Ces initiatives témoignent de la capacité de nos commerces à fédérer leurs clients autour de causes communes. En effet, les épiciers jouent un rôle qui dépasse largement leur activité économique. Ils accueillent, écoutent, échangent et participent quotidiennement à la vie de leur quartier ou de leur village.

Cette dimension humaine sera justement mise à l’honneur du 23 au 29 novembre prochain, à l’occasion de la première Semaine des liens, organisée par la Fédération française pour les liens sociaux. Plus de 200 initiatives seront proposées partout en France, accompagnées d’une campagne nationale de sensibilisation, de conférences et de rencontres. Pour Arnaud Goulliart, cofondateur et délégué général de la Fédération française pour les liens sociaux, l’ambition est simple : « ne pas seulement parler de l’importance des liens sociaux, mais donner envie d’agir concrètement pour les créer, les entretenir ou les renouer. »

Placée sous le thème « Faire le premier pas », cette mobilisation souhaite encourager les rencontres et les échanges dans une société où aller vers l’autre n’est pas toujours évident. Comme le rappelle Arnaud Goulliart, « La peur du rejet, le sentiment de déranger, le manque de confiance ou simplement l’absence d’occasions de rencontre peuvent constituer autant de freins à la création de liens. » Les commerces de proximité occupent à cet égard une place particulière. Chaque jour, ils permettent à des personnes d’âges, de parcours et de situations différents de se croiser, d’échanger quelques mots ou simplement de retrouver des visages familiers.

« La contribution des commerces de proximité à la vie collective dépasse largement leur fonction économique. Ils constituent des espaces de sociabilité ordinaire, où se croisent des personnes qui n’auraient parfois aucune autre occasion de se rencontrer. » Cette observation d’Arnaud Goulliart résume parfaitement ce que vivent quotidiennement les épiciers. Une conversation entre deux clients, quelques nouvelles prises auprès d’une personne âgée, un moment de convivialité autour d’un café : ces échanges, parfois anodins en apparence, participent à la vitalité de nos territoires. Encore faut-il préserver les conditions de ces rencontres, car, comme le souligne également le délégué général, « Mais la proximité physique ne suffit pas à créer du lien. Encore faut-il que les conditions soient réunies : un accueil attentif, une certaine disponibilité, des occasions d’échanger et de se retrouver. »

Cette fonction sociale prend une importance particulière lorsque les commerces se raréfient. Dans certains centres-villes, quartiers ou villages, la disparition d’une épicerie signifie également la perte d’un lieu de rencontre et de sociabilité. Arnaud Goulliart l’exprime avec des mots particulièrement justes : « Lorsqu’un village perd son dernier commerce, il ne perd pas seulement un service économique. Il peut aussi perdre une partie de son infrastructure relationnelle. » Préserver les commerces de proximité ne relève donc pas uniquement d’un enjeu économique ou d’aménagement du territoire. C’est aussi contribuer au maintien des relations humaines et à la cohésion sociale.

Pour autant, il ne s’agit pas de demander aux épiciers de devenir des professionnels de l’accompagnement social. Leur contribution existe déjà, souvent naturellement, à travers leur accueil, leur disponibilité et leur connaissance des habitants. Arnaud Goulliart tient d’ailleurs à leur adresser un message : « Je voudrais d’abord leur dire que leur contribution à la vie sociale est probablement plus importante qu’ils ne l’imaginent. » La Semaine des liens constitue ainsi une invitation à prendre conscience de cette richesse et, pourquoi pas, à imaginer de nouvelles occasions de rencontres. « Faire le premier pas, ce n’est pas nécessairement aller vers quelqu’un. C’est aussi créer les conditions dans lesquelles l’autre pourra, s’il le souhaite, faire ce premier pas. » Les commerçants peuvent ainsi contribuer à entretenir un environnement favorable aux relations humaines.

La Fédération des Épiciers de France, partenaire de cette mobilisation, souhaite encourager les commerçants à s’inscrire dans cette dynamique et à faire reconnaître cette dimension trop souvent méconnue de leur métier. Car une épicerie n’est pas seulement un lieu où l’on fait ses courses : c’est aussi un espace où se créent des habitudes, des rencontres et parfois de véritables solidarités.

Laissons à Arnaud Goulliart le mot de la fin : « Nous avons besoin de lieux où l’on puisse encore se rencontrer sans avoir pris rendez-vous, se parler sans se connaître et se reconnaître sans nécessairement se ressembler. »

Et si c’était, finalement, l’une des plus belles définitions de nos épiceries ?

Pour découvrir et participer à la Semaine des liens :

Cette dimension humaine du métier est aussi au cœur de Gourmet Selection. Le concours La Meilleure Épicerie de France récompense chaque année des points de vente pensés comme « un lieu de découverte, d’échange et de convivialité », et retient l’ancrage local parmi ses critères. En 2026, le Prix de l’épicerie rurale a distingué L’Empreinte, à Corzé, dernier commerce du village, qui fait aussi office de dépôt de pain, de relais poste et de pressing. Le magazine À Goût Sûr retrace le parcours de ces épiceries devenues de véritables lieux de vie.

Accompagner les épiciers indépendants dans toutes les facettes de leur métier fait partie de la mission de la Fédération des Épiciers de France, aux côtés de l’assistance juridique, de la documentation juridique et des formations professionnelles. Du dimanche 12 au mardi 14 septembre 2027, à Paris Expo Porte de Versailles, producteurs, fabricants et marques retrouvent à Gourmet Selection les épiciers qui font vivre le commerce de proximité. L’Agora des Experts prolonge ces rencontres avec des conférences et des tables rondes consacrées aux tendances du marché.

Cliente avec un sac en toile au comptoir d’une épicerie de village, face à l’épicière qui prépare sa commande.

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